« Alors j’avance (...) la notion de mondialité parce que je pense que ce qui manque à la mondialisation, c’est une mondialité... »






René Depestre rend hommage à Léopold Sedar Senghor en défendant un principe de mondialité, une nouvelle conscience du monde qui ne se révèlerait pas uniquement dans le cas de grands malheurs comme le tsunami. Francophonie et mondialité pour un monde meilleur...
Transcription de la vidéo
« Je tiens de la sagesse de ma mère, qu’il faut toujours avoir deux fers au feu : le créole et le français, le vaudou et le catholicisme, Haïti et la France.
Dans le débat autour de la littérature du monde, il y a deux faits qui me font voir clair, c’est le jumelage fécond de la tradition et de l’invention.
J’étais très heureux, M. le Président, de vous entendre dire que vous jetez des passerelles entre la francophonie et le Commonwealth britannique. Il faut le faire aussi avec le monde formidable de la culture qu’est le monde libéro-américain, avec le monde arabe, avec l’Inde, avec la Chine, avec le Japon, avec le monde persan, avec la culture slave, bien sûr, orthodoxe. Il faut, pour tout cela, chercher passionnément une résultante commune à toutes les énergies dormantes dont parlait notre ami, notre grand ami, Léopold Sédar Senghor. Je vous laisse imaginer les diverses civilisations dans les divers acquis que possède toute la civilisation de la planète.
Là alors, j’avance la leçon de mondialité. Parce que je pense que ce qu’il manque à la mondialisation, c’est une mondialité, c’est-à-dire une bonne perception nouvelle des postulants de la mondialité en hommage à notre ami Sédar Senghor qui aimait ce genre de concept identitaire. Une mondialité ce serait notre nouvelle façon de percevoir l’ensemble des réalités du monde du point de vue psychologique, du point de vue familial, du point de vue sexuel, à tous les points de vue, même musical, que nous ayons…, on le voit, les gens réagissent quand il y a le tsunami, c’est très bien qu’il y ait une conscience mondiale du malheur dans le monde, mais ce n’est pas suffisant. Il faut que dans notre vie quotidienne nous ayons conscience aussi de la vie quotidienne des gens du sud, pas seulement lors des grands cataclysmes cosmiques, mais chaque jour de notre vie il faut savoir que nous faisons partie d’une grande famille humaine. Ce que je dis là naturellement peut paraître utopique, mais j’affirme que je vois poindre à l’horizon de la francophonie et de la mondialité un pic mythique : il faut qu’on puisse se mesurer à ce sommet culturel proprement hymalayen qui me paraît une aventure de toute beauté. Je vous remercie. »
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Information publiée le mardi 18 mars 2008, par - m.a.j le mardi 6 mai 2008