« ...la lecture cursive se développe dans la classe et en dehors de la classe afin de faire lire des élèves qui n’en ont pas toujours l’habitude ou le goût. Elle est avant tout une lecture personnelle... »


Comment réagissent les élèves aux pièces que vous avez sélectionnées en comité de lecture enseignant ?
Philippe Arnaud, enseignant à Brive qui participe au prix depuis son lancement, apprécie l’impact des oeuvres du prix sur les élèves en général, et commente un retour individuel de lecture en particulier : la rencontre d’une élève d’origine algérienne avec la pièce d’Arezki Mellal, La délégation officielle.
Dire quelle va être la pièce qu’ils vont préférer, je ne suis pratiquement jamais arrivé à le savoir avant, et quand je m’y risquais, c’était pas une réussite.
Après, individuellement, il y a des élèves qui vont être marqués par telle œuvre pour telle ou telle raison, ils vont avoir des réactions d’ailleurs qui sont, en général, très personnelles, c’est-à-dire qui ne se passent pas comme on pourrait le penser par le bouche à oreille qui fonctionne, mais en même temps les élèves se font leur vision de l’œuvre malgré tout, c’est-à-dire qu’ils vont quand même esssayer de lire et leur avis ne sera pas forcément celui de leurs copains.
Donc, ils ont une appréciation qui est personnelle.
Des retours individuels, j’en ai quelquefois sur une œuvre, quelquefois ce sont des questionnements, des éclaircissements, des interrogations sur la fin d’une œuvre qui n’est pas claire, et quelquefois c’est des rencontres entre une œuvre et un élève ou une élève, donc j’en ai eu quelques-uns, pas énormément, mais j’ai une élève qui a « rencontré » la délégation officielle de Arezki Mellal, une élève qui est d’origine algérienne et qui s’est complètement projetée dans cette pièce, qui en a fait, sans que je le lui demande, un argumentaire de cinq pages, qui l’a défendue le jour du prix, qui était désespérée parce que, en dehors d’elle, il n’y avait pas grand monde parmi les élèves qui avait compris quelque chose à cette pièce, même parmi les enseignants, c’était pas la pièce qui nous semblait la plus extraordinaire, la plus passionnante, mais elle s’était complètement pris dedans, elle avait construit tout un argumentaire et elle m’en a reparlé après, avec amertume, en me disant « le suffrage universel, ça ne veut rien dire, ils n’ont rien compris à la délégation officielle, il y en a qui m’en parlaient mais c’est à se demander s’ils l’avaient lue » donc, elle avait vraiment rencontré cette pièce là et du coup elle s’est frottée à beaucoup de choses difficiles, c’était une bonne élève, et elle s’est frottée justement à ses limites de bonne élève mais elle n’arrivait pas à convaincre les autres, elle n’arrivait pas à les entraîner sur son terrain, c’était intéressant.
Je prends sûrement beaucoup de plaisir à les leur faire découvrir qu’à les leur faire travailler, parce que dans l’année, dans le fil du prix, c’est quand même un travail et sur le moment ce n’est pas toujours facile de faire ce travail.
En revanche, le moment où ils découvrent, surtout quand ils réagissent et après la journée où, là, on a vraiment des retours, des discussions sur les œuvres fortes où je me dis « là c’est bien ». Ils réagissent sur ces œuvres souvent bien plus qu’ils ne réagissent sur les œuvres qu’on leur fait lire par ailleurs.
Information publiée le mardi 13 mai 2008, par - m.a.j le lundi 25 août 2008
... Gennaro Pitisci Philippe Blasband Stanislas Cotton Conférence Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre Sam Touzani Evelyne De La Chénelière Jean-Michel Champault DRAC Culture francophone Le prix 2005 Le prix 2007 Stéphanie Marchais Les pièces Festival des Francophonies en Limousin Jean-Marie Piemme Ben Hamidou Abdou Diouf Théâtre Arezki Mellal ...