Théâtre francophone : le besoin de dire

« ...des oeuvres qui nous parlent d’une manière très directe : le rapport avec le lecteur ou avec le spectateur est un rapport parfois très brutal, très dérangeant, et très actuel, très ancré dans l’actualité... »

Qu’est-ce qui vous attire dans le théâtre francophone ?
Philippe Arnaud, Brive, septembre 2007.

Qu’est-ce qui vous attire dans le théâtre francophone ?

Philippe Arnaud, enseignant au lycée D’Arsonval à Brive, parle du théâtre francophone, de ses thèmes, de son urgence et de son fort impact sur les lycéens.

Transcription de la vidéo

Ce qui m’attire dans le théâtre francophone, c’est que c’est souvent un théâtre qui est marqué par une urgence, un besoin de dire, un besoin de communiquer très fort.

Ce sont aussi des sujets qui sont très intenses, très dérangeants, très directement en prise avec l’actualité -le terrorisme, la guerre- mais pas seulement, la mort, et ça peut être les relations entre les parents et les enfants.

Enfin, c’est des sujets très divers mais qui touchent un autre monde d’aujourd’hui de par le cadre dans lequel ces sujets sont traités, et je trouve que dans l’écriture francophone, on sent, chez les écrivains, qu’il y a un besoin de dire que, moi, je ressens plus fortement que dans beaucoup d’œuvres de France métropolitaine contemporaine.

C’est quelque chose que les élèves souvent partagent aussi, cette impression qu’on est vraiment face à des œuvres qui nous parlent d’une manière très directe. Le rapport avec le lecteur ou avec le spectateur est un rapport très direct, parfois très brutal, parfois très dérangeant et très actuel ou très ancré dans l’actualité. Je pense que ça tient à la situation culturelle des gens qui écrivent, qui quelquefois écrivent dans une grande précarité, qui quelquefois écrivent dans une situation de guerre ou avec des souvenirs, avec un vécu douloureux, difficile, de guerre, et du coup, ce vécu transparaît dans leur écriture et peut être que d’autres écrivains de France métropolitaine n’ont pas un vécu aussi difficile, n’ont pas les mêmes besoins, la même urgence dans l’écriture.

Des pièces comme Incendies de Wadji Mouawad qui agrippent le lecteur ou le spectateur, qui l’agrippent vraiment au collet et qui ne le lâchent pas, qui ne le lâchent pas pendant deux heures ou pendant trois heures de représentation ou pendant la lecture ou qui le prennent à parti très violemment, qui l’interrogent sur sa pensée, sur ses préjugés, sur ce qu’il pense de la famille, du terrorisme, de l’immigration, sur ce qu’il pense de l’intégration, sur des sujets qui sont en prise avec la société, qu’on voit traiter tous les jours aux actualités, mais que ces œuvres là traitent différemment, avec un regard différent.

Information publiée le mardi 13 mai 2008, par Webmestre - m.a.j le mercredi 20 août 2008