« ...les auteurs aiment sentir que leur éditeur n’est pas seulement un marchand de livres... »






Emile Lansman fait de la mise en livre comme on fait de la mise en scène. Il travaille beaucoup avec l’auteur et revendique une complicité, une connivence. Il aime accompagner « ses » auteurs au-delà de la publication et aime aussi donner une première chance à de jeunes auteurs comme l’acadienne Emma Haché.
Transcription de la vidéo
Quand même, je m’accorde ce bénéfice, c’est que, à partir du moment où je me bats pour le plaisir de lire le théâtre, j’ai l’impression que je fais de la mise en livre, comme on fait de la mise en scène, c’est-à-dire que je travaille beaucoup avec l’auteur pour soigner le texte et, notamment dans ses didascalies, mais aussi pour essayer de ne pas rappeler trop souvent au lecteur qu’il est un otage entre un auteur et un metteur en scène. ...ces dernières années à une notion de famille, c’est-à-dire l’auteur et l’éditeur sont dans le même bateau et voguent ensemble.
Et pour avoir envie de voguer ensemble un certain temps, il vaut mieux quand même se supporter, se trouver mutuellement agréable, avoir envie de faire un bout de chemin ensemble, mais aussi avoir envie de défendre ce que nous avons en commun, c’est-à-dire les textes, donc moi, j’ai un grand dialogue avec les auteurs, il y a des auteurs qui acceptent, d’autres qui n’acceptent pas, il y a des auteurs qui disent « non, non moi, je ne veux pas toucher à mes textes, j’écris comme ça ».
C’est très bien, moi, je respecte tout à fait ça, j’ai d’ailleurs d’excellents amis dans le monde de l’écriture et des auteurs qui ne sont pas publiés chez moi.
Mais c’est vrai, quand même, qu’il y a une sorte de complicité, de connivence, de tendresse qui naît entre l’éditeur et l’auteur et qui font, par exemple, que je suis ici ; c’est-à-dire que j’essaie d’être le plus possible présent chaque fois qu’il y a quelque chose qui se passe autour de mes auteurs, (avec un « mes » un peu possessif comme ça), parce qu’ils aiment ça, ils aiment sentir que leur éditeur n’est pas seulement un marchand de livres, mais quelqu’un qui une fois que l’on a mis le point final à la dernière épreuve, va défendre leurs textes, parfois mieux qu’ils ne le font eux-mêmes, parce qu’il y a une humilité là-dedans et donc, oui, je pense qu’il y a une certaine tendresse entre certains auteurs et moi et plus je vieillis, plus cette tendresse existe avec de très jeunes auteurs, plus j’ai un plaisir jubilatoire à donner une première chance à un auteur — je pense à Emma Haché, cette jeune acadienne, je pense à Marie-Christine Lehuu qui a eu le prix avec « Jouliks » il y a 2 ans —, voilà ce sont vraiment de jeunes auteurs à qui j’ai envie de donner un coup de pouce de manière presque paternelle, même si nos rapports, au moment de travailler ensemble, ne sont jamais basés sur un rapport d’autorité.
C’est vraiment un rapport de deux personnes qui se disent « on a envie de faire un bout de chemin ensemble, comment on peut trouver l’outil qui va nous permettre de le faire ? »
Information publiée le mercredi 19 mars 2008, par - m.a.j le jeudi 21 août 2008
... Nasser Djemaï Gennaro Pitisci Moussa Konaté Gérard Vandenbroucke Marie-Agnès Sevestre La vie du prix Wajdi Mouawad Les pièces Le prix 2009 Daniel Maximin Limousin DRAC Sony Labou Tansi Le prix 2008 Le prix 2010 Les pièces Langue française Philippe Blasband Nacer Nafti Séquence pédagogique ...