« ... j’ai voulu convaincre les gens que le théâtre se lit. Celui où le texte est le centre de la pièce. En lycée, qu’on donne à lire Sony Labou Tansi, on verra ce que ça peut être un style original d’un auteur qui maîtrisait bien la langue... »






Un éditeur est un passeur entre un auteur et un metteur en scène ce qui n’est pas très valorisant. Emile Lansman a voulu lancer le défi de convaincre qu’une partie du théâtre peut se lire et il a voulu convaincre du plaisir de cette lecture. Ses choix ont été de faire découvrir des auteurs avant qu’ils ne soient connus sur scène. La scène, comme pour l’œuvre de Sony Labou Tansi, est parfois quasi indispensable pour donner son ampleur à l’écriture, mais l’écriture en elle-même est intéressante.
Transcription de la vidéo
Je pense que la fonction première d’un éditeur de théâtre, celle sur laquelle il y a un consensus, c’est d’être une sorte de passeur entre un auteur et un metteur en scène.
C’est une fonction qui, pour moi, n’est pas très valorisante, je n’ai aucune vocation de petit train, comme ça, ou de facteur.
Donc, à partir du moment où je me suis rendu compte que même mes auteurs disaient « le théâtre, ça ne se lit pas », j’ai voulu lancer un défit en disant « ok », eh bien, nous, on va montrer qu’on peut convaincre les gens que le théâtre se lit.
Tout le théâtre, non ; une partie du théâtre, une partie du théâtre qui se base quand même sur le verbe d’abord, pas du théâtre littéraire mais du théâtre où le texte est le centre de la pièce.
Alors, effectivement, dans les choix que j’ai faits, j’ai souvent eu cette envie de publier des textes qui donnaient à la fois du plaisir à la lecture, comme j’ai eu du plaisir, moi, à découvrir des auteurs morts, par le texte, avant de les découvrir par la scène, mais ça ne veut pas dire que, dans notre catalogue, et peut être d’ailleurs en ce qui concerne Sony, on est à cheval entre les deux options.
Sony Labou Tansi écrivait un théâtre avec beaucoup de néologismes, avec une structure assez difficile et donc effectivement, on sent là que la scène est quasi indispensable pour donner toutes les perceptives d’un texte comme ça, même si aujourd’hui, moi, je dis toujours dans l’enseignement, par exemple, en lycée, on essaie de montrer ce que ça peut être une différence de style en chicanant sur quelques virgules ou sur une inversion de phrase ; qu’on donne à lire Sony Labou Tansi et on verra là ce que ça peut être un style tout à fait original d’un auteur qui maîtrisait bien la langue.
Information publiée le mercredi 19 mars 2008, par - m.a.j le jeudi 21 août 2008
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