Sony Labou Tansi : un humaniste au service des autres

« … c’était un humaniste qui utilisait sa propre humanité au service des autres et pas forcément à son propre service… »

Pouvez-vous nous dresser le portrait de Sony ? IMG/flv/Lansman3.flv
Emile Lansman, Limoges, octobre 2007

Sony Labou Tansi était un être qui pouvait être virulent mais aussi compatissant. Il était prêt à défendre ses idées mais aussi à défendre le plus faible. Il n’hésitait pas à donner des coups de pouce à de jeunes créateurs même si c’était contraire à ses intérêts. C’était un être qui avait le sens des relations humaines, un être très chaleureux. C’était un personnage politique, culturel et aussi humaniste.

Pouvez-vous nous dresser le portrait de Sony Labou Tansi ?

Transcription de la vidéo

Sony était toujours prêt au combat. Sony avait en lui une fibre de défense du plus faible, défense finalement des idées les plus pointues parce que c’était celles-là qui faisaient la différence, mais c’était aussi quelqu’un qui ne restait pas les bras croisés à hurler. C’était quelqu’un qui travaillait sur le terrain, qui rencontrait, qui donnait des coups de pouce à de jeunes comédiens, qui était très fidèle par exemple à sa troupe « Rocado Zulu Théâtre », même parfois d’ailleurs, contre son intérêt, parce qu’il aurait pu travailler avec d’autres comédiens, peut-être mieux formés, mais non ! il tenait beaucoup à cette capacité d’équipe de sa compagnie pour porter ses textes ; il avait aussi, évidemment, un sens de la relation humaine. C’était quelqu’un de chaleureux : autant il pouvait être virulent à un certain moment parcequ’ il avait des choses à défendre, autant il pouvait être extrêmement compatissant, extrêmement d’empathie avec des gens qui souffraient ou des gens qui étaient en difficultés ; oui, c’était un personnage à la fois politique et culturel, mais aussi humaniste, un humanisme qui finalement utilisait sa propre humanité aux services des autres et pas forcément à son propre service. C’était pas un manigancier, c’était pas quelqu’un qui utilisait les ficelles, qu’il connaissait bien, à son profit. Il les utilisait plutôt au profit de causes qu’il avait envie de défendre et que d’autres défendaient avec lui.

Information publiée le mercredi 19 mars 2008, par Webmestre - m.a.j le jeudi 21 août 2008