« ... Sony m’a dit — Ce que je veux c’est un éditeur et pas un imprimeur — ... »






La maison d’édition Lansman est née avec Sony Labou Tansi car dès que Sony a eu vent de cette création, il a demandé à Emile Lansman qu’il devienne l’éditeur de ses pièces de théâtre et lui a donné à publier sa pièce, Qui a mangé Mme d’Avoine Bergotha ?, qui venait de se créer au festival de Limoges en 1989.
La conception qu’avait Sony Labou Tansi des relations entre un auteur et son éditeur a déterminé la manière dont Emile Lansman a exercé ce travail.
Transcription de la vidéo
En fait, la maison d’édition est née avec Sony Labou Tansi ; moi, je venais ici au festival de Limoges depuis quelques années, on s’était rencontré, on avait fraternisé, mais Sony avait un certain nombre de romans publiés au Seuil déjà et moi je pensais que ses textes de théâtre étaient publiés largement et, en réalité, quand j’ai décidé de créer une maison d’édition, que je suis venu à Limoges, la rumeur a circulé un peu partout en disant : voilà, il va y avoir une nouvelle maison d’édition théâtrale. Et Sony est venu me trouver en me disant :
« Écoute Emile, on se connaît, on est frères, on est né la même année, si tu veux, le texte du spectacle qui est ici à l’affiche à Limoges, qui s’appelait « Qui a mangé Madame d’Avoine Bergotha », je te l’offre, c’est mon cadeau de bienvenue à la maison d’édition ».
Et je lui dis : « Sony tu n’as rien compris, en fait, moi je veux publier deux Belges par an, tu n’es pas Belge et ça se voit, même si tes origines pourraient plaider en ta faveur et tu n’es surtout pas un auteur méconnu ou inconnu puisqu’on parle de toi pour le prix Nobel de littérature à ce moment-là », c’est à peu près la période où Sony a eu le prix Nobel et Sony m’a dit : « on voit que tu ne connais rien à la littérature dramatique. Regarde, mes textes ont été édités c’est vrai, mais souvent dans des revues qui sont mortes avant d’être nées, c’est-à-dire les textes sont introuvables, donc j’aimerais que tu sois mon éditeur de théâtre ». Finalement, après mille anecdotes, j’ai dit oui, nous avons travaillé ensemble et, à un moment donné, dans ce travail très rapide parce que Sony souhaitait que son texte soit de la tournée du spectacle, Sony m’a dit « ce que je veux, c’est un éditeur, c’est pas un imprimeur ; donc j’attends de toi que tu me donnes des propositions, que tu travailles avec moi » et ça, ça a été très marquant pour la suite de mon travail en tant qu’éditeur. Aujourd’hui je considère que je suis tout, sauf un imprimeur.
Information publiée le mercredi 19 mars 2008, par - m.a.j le jeudi 21 août 2008
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